Des vignes et une cuverie au cœur de Dijon

Des passionnés veulent de redonner une place au vignoble dijonnais. C’est le cas de Bastien Gautheron qui va produire du vin dans la première cuverie urbaine de la ville.

Bastien Gautheron veut faire renaître le Dijonnais en plantant des vignes et en installant une cuverie dans le quartier de l’Arsenal à Dijon. (© Bastien Gautheron)
Bastien Gautheron veut faire renaître le Dijonnais en plantant des vignes et en installant une cuverie dans le quartier de l’Arsenal à Dijon. (© Bastien Gautheron)

A côté de la renommée Côte des vins qui abrite certains des plus grands crus au monde, le Dijonnois a disparu au cours des siècles. Mais des projets émergent, à l’image de celui de Bastien Gautheron. Originaire de Dijon, le quadragénaire est attiré par ce domaine depuis sa jeunesse. « Je ne suis pas issu d’une famille de vignerons, mais certains membres sont proches du milieu agricole » glisse-t-il.

Tout commence en 2020. Alors qu’il travaille dans un domaine viticole à Puligny-Montrachet, Bastien Gautheron se lance un défi. « J’ai commencé à acheter du raisin chez des amis avec l’idée de faire mon propre vin. » Mais ce n’est que le début de l’aventure. En effet, l’envie d’associer son côté urbain et sa passion du vin apparaît. « Je voulais m’inscrire dans le développement des vignes à Dijon » explique-t-il.

Il fait donc l’acquisition de parcelles de 1,25 hectares et 2 hectares, respectivement à Talant et à Corcelles-les-Monts. « Pourquoi être le énième viticulteur sur la Côte quand une aventure s’annonce à Dijon ? C’est l’occasion de réécrire quelque chose. » sourit-il. Il profite d’une terre sélectionnée par l’association technique viticole de Bourgogne pour réaliser des greffons.

Des recherches lui révèlent des traces d’une activité viticole datant de 1226 sur sa parcelle des Epoutières, à Talant. « Il n’y a pas eu de vignes depuis la Première Guerre mondiale à Talant et depuis plus longtemps à Corcelles-les-Monts » décrit-il. « L’ère industrielle et le Phylloxera ont repoussé l’activité agricole en dehors de la ville. Dijon est un terroir de renouveau » se réjouit Bastien Gautheron qui espère contribuer à ce que les Dijonnais se réapproprient l’histoire de la vigne.

Une cuverie en ville

C’est ainsi, qu’en mars 2023, que le vigneron a commencé à planter ses vignes. Une opération qui devrait s’achever en 2025. En parallèle, avec le soutien de Dijon Métropole, il transforme une ancienne poudrière de l’écoquartier de l’Arsenal en cuverie, une première à Dijon. « Nous voulons mettre en valeur ce patrimoine qui deviendra une cave d’élevage. Il n’y aura qu’une activité vinicole, le viticole et les tracteurs seront plutôt dans le secteur de Cras » souligne le viticulteur. Sur le plateau, d’autres acteurs participent avec Bastien Gautheron au renouveau du Dijonnais.

Le vigneron espère que la cuverie sera opérationnelle pour la première récolte en 2025. Il participera aussi au développement économique local par la création de quelques emplois. « D’ici sept ou huit ans, mon objectif est d’atteindre la production d’un domaine moyen, soit environ 60 000 bouteilles. » projette-t-il.

Pour Aletheia Press, Nadège Hubert

Globe-trotter

Pour faire aboutir son rêve, Bastien Gautheron peut s’appuyer sur une riche expérience. Adolescent, son goût pour l’agronomie et l’environnement le pousse à rejoindre le lycée agricole de Beaune. Un master de commerce international des vins à la BSB de Dijon vient compléter son cursus. Pendant sept ans, il est acheteur dans le secteur et s’expatrie en Angleterre puis au Moyen-Orient. Il revient en France en 2014.