Initiative

Agir localement contre la précarité alimentaire

Donner quelques caisses de légumes, des produits d'hygiène... Pour faire face à la précarité alimentaire, une initiative encourage la solidarité entre distributeurs, producteurs et associations, y compris au niveau local. Une plateforme permet la mise en relation. Il y a urgence.


Agir localement contre la précarité alimentaire
Agir localement contre la précarité alimentaire

C'est à la fois énorme et très insuffisant, face à des besoins qui ne diminuent pas. Plus de 500 000 équivalents repas distribués aux associations : c'est ce qu'a permis « Solidarité associations », un collectif né en avril 2020, qui lance aujourd'hui un nouvel appel aux bonnes volontés.

A l'origine de l'initiative, la forte augmentation de la précarité alimentaire née de la pandémie. Un Français sur quatre restreint les quantités dans son assiette et un sur sept saute des repas. En bas de l’échelle des revenus, ces chiffres grimpent à 46 % et 38 %. Femmes et jeunes sont particulièrement touchés. Tels sont les constats du Baromètre pauvreté du Secours populaire, réalisé par Ispos, en septembre dernier. Résultat, les associations ont été fortement sollicitées. la Croix Rouge, par exemple, a constaté une hausse des demandes de 40% au premier semestre 2020. Problème, au même moment, la pandémie désorganisait les circuits de solidarité existants. En particulier, certaines associations ont vu le nombre de leurs bénévoles, souvent âgés, diminuer. C'est pour faire face à cette situation qu'un collectif d'acteurs très éclectique a mis sur pied « Solidarité associations ». Il est composé d'entreprises de la grande distribution, d'industriels, de logisticiens, d'associations qui luttent contre la précarité et d'acteurs institutionnels. Parmi eux figurent, par exemple, Carrefour, Danone, les Banques Alimentaires, la Croix Rouge Française, les épiceries solidaires ANDES, Cogepart Group, Ceva Logistics et Publicis Conseil...

Faire rencontrer besoins et offres au niveau local

La start-up Comerso gère le dispositif : concrètement, une plateforme en ligne, sorte de « le Bon Coin de la solidarité », assure la mise en relation entre des entreprises qui disposent de biens alimentaires et d'hygiène de première nécessité, et les associations qui se chargent de les distribuer. Des logisticiens proposent leurs services.

Aujourd'hui, le collectif souhaite amplifier son action et invite d'autres acteurs à participer. Objectif : atteindre les deux millions d'équivalents repas additionnels distribués aux associations, en 2021. La démarche, qui s'adresse à tous, vise en particulier à faire le lien entre donateurs et associations au niveau local, qui ne se connaîtraient pas encore. Sur le site Internet, une carte de France découpée en régions permet de localiser les dons proposés et les besoins exprimés. Ainsi, un petit supermarché ou une PME qui dispose de quelques caisses de produits à donner devrait pouvoir se mettre en relation avec une association locale.

Pour l'instant, quelque 200 acteurs participent au dispositif. Soutenu par l'Ademe, Agence de la transition écologique, celui-ci présente également une dimension de lutte contre le gaspillage. L’an dernier, environ 300 tonnes de marchandises ont évité d'être mises à la poubelle.

un site internet et un numéro de téléphone
L'initiative est accessible sur https://www.solidariteassociations.com. Un numéro vert est également actif : 0 805 690 698